23.12.2005

CEDH: victoire d'un membre de "secte" contre l'ADFI et l'etat francais!!!!!

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a estimé que la liberté d'expression de l'auteur d'un livre critiquant les mouvements de lutte contre les sectes avait été violée.

L a France a été condamnée jeudi 22 décembre par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) pour avoir violé la liberté d'expression de l'auteur d'un ouvrage critiquant les mouvements luttant contre les sectes, dont l'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu (Unadfi).
Christian Paturel, qui avait fait éditer en février 1996, à compte d'auteur par "La pensée universelle", son livre "Sectes, Religions et Libertés publiques", recevra 6.900 euros pour dommage matériel.
La Cour rappelle dans son arrêt que l'ouvrage "visait à dénoncer les dérives des mouvements anti-sectaires privés, financés par les pouvoirs publics et mettait notamment en cause l'Unadfi" qui porta plainte contre le requérant et son éditeur pour diffamation.

"Jugements de valeurs"

Unadfi avait obtenu gain de cause en mars 1997, par un jugement en première instance confirmé en appel.
Pour la justice française, "les exigences de sérieux de l'enquête et de prudence dans l'expression faisaient défaut" et Christian Paturel, membre des Témoins de Jéhovah, faisait "preuve d'animosité personnelle à l'égard de l'Unadfi".

"Les nombreux documents fournis par le requérant constituent une base factuelle suffisante", selon les juges de Strasbourg dont l'arrêt publié jeudi mentionne que les "déclarations incriminées" constituaient des "jugements de valeur" qui ne peuvent se prêter "à une démonstration de leur exactitude"

NOUVELOBS.COM | 22.12.05 | 19:49

http://permanent.nouvelobs.com/europe/20051222.OBS9837.html

07.11.2005

Des fonds publics pour la HAINE

L'obscur financement de groupes incitant à l'intolérance Depuis le départ d'Alain Vivien et la dissolution de la MILS par le nouveau gouvernement, les langues se délient... Au mépris du principe de laïcité, selon lequel l'État doit rester neutre et protéger la liberté de religion, certains officiels ont financé l'extrémisme antireligieux avec les fonds du contribuable.

Une nouvelle enquête d'Éthique et Liberté sur le financement public accordé à l'intégrisme antireligieux laisserait soupçonner l'existence d'une probable caisse noire de 4,5 millions de francs, qui aurait été utilisée pour soutenir au moins deux groupes connus pour leurs violentes attaques à l'encontre de membres de minorités religieuses : l'ADFI (Association de Défense des Familles et de l'Individu) et le CCMM (Centre Contre les Manipulations Mentales).

Les chiffres officiels, obtenus par Éthique et Liberté dans le cadre de la loi sur l'accès aux documents administratifs, montrent que ces associations militantes ont absorbé, au total, plusieurs millions payés par les contribuables pour leurs croisades d'intégristes laïcs.

UN SIÈGE DE 4,5 MILLIONS DE FRANCS

La mise en vente des locaux du CCMM soulève de nouvelles questions.

Le CCMM avait été fondé par Roger Ikor qui ne faisait pas mystère de ses intentions - saccager les restaurants macrobiotiques et « mettre un terme à toutes ces billevesées, celles des sectes, mais aussi celles des grandes religions ».(1)

Le Point révélait en octobre 2001 que Patricia Casano-Vivien, épouse de l'ancien président de la défunte MILS, aujourd'hui tombé en disgrâce, Alain Vivien, alors directrice administrative du CCMM, aurait obtenu 4,5 millions de francs (686 000 ?) de deniers publics du Premier ministre Lionel Jospin pour acheter le nouveau siège du CCMM.

Un montant dont on ne trouve nulle trace dans la comptabilité de l'association.
Pour quelle raison ?

Selon les sources d'Éthique et Liberté, l'enquête devrait s'orienter vers un financement issu des « fonds secrets » du gouvernement de l'époque. Et, selon ces sources, il ne s'agirait que du sommet de l'iceberg.

Quoi qu'il en soit, le CCMM a de bonnes raisons de faire des économies. Apparemment confronté à une forte baisse des cotisations de ses adhérents, le CCMM se voit contraint de réduire ses coûts de façon drastique. Ce qui entraîne la vente des locaux et la diminution de ses effectifs. C'est ainsi qu'il se retrouve attaqué devant les Prud'hommes par Mme Vivien elle-même pour licenciement abusif.

LES RETOMBÉES

Les observateurs soulignent que les retombées de ces révélations, au-delà des chiffres, touchent le respect même de la constitution, qui interdit toute atteinte à la liberté de religion.

Du point de vue strictement économique, selon le bilan financier de l'Union des ADFI pour l'année 2000, obtenu grâce à la loi sur l'accès aux documents administratifs, les cotisations de ses membres ne représentent que 19 884 F (3 031?) alors que le montant des subventions connues à ce jour s'élève à 2 325 000 F (354 444 ?). Les subventions au niveau national proviennent de différents ministères : Affaires sociales, Éducation nationale, Jeunesse et sports, Justice et même Défense, auxquelles s'ajoutent les subventions locales accordées par des communes et des départements.

Si l'on se réfère à son bilan de l'année 2000, le CCMM, pour sa part, a reçu 1 640 000 F de subventions pour 84 179 F de cotisations seulement, soit un taux de 95 % de subventions publiques !

À titre de comparaison, l'association Médecins sans Frontières est financée à 91,8 % par des dons privés, soit une proportion exactement inverse.

« POUVEZ-VOUS IMAGINER... ? »

La loi de 1905 spécifie que l'État ne reconnaît aucun culte, mais aussi qu'il doit protéger la liberté de culte (voir article Qu'est-ce qu'une religion ?). Le financement d'associations antireligieuses militantes comme l'UNADFI et le CCMM est donc une violation flagrante des principes de la loi de 1905.

« L'article 2 de la loi de 1905 spécifie que : "La République ne reconnaît, ne salarie ni ne finance aucun culte". Ce texte est l'expression du concept français de laïcité, signifiant plus ou moins neutralité, qui signifie que
l'État s'interdit toute intervention, positive ou négative, dans les affaires religieuses. » écrit M.-R. Renard, avocat à la Cour.

Ce faisant, le gouvernement utilise l'argent des citoyens en vue d'une discrimination à l'encontre de certaines catégories de personnes en raison de leurs croyances.

Imaginez un instant les protestations que déclencherait le financement d'associations religieuses par l'État à hauteur de 95 % pour leurs activités et leurs actions de prosélytisme ! Bien qu'elles soient d'utilité publique et que le droit au prosélytisme soit garanti par la Convention européenne des droits de l'Homme, une telle situation serait considérée comme une insupportable ingérence de l'État dans le domaine de la liberté de conscience. À juste titre, pour la majorité des Français.

En 2000, le mensuel Témoignage chrétien lançait un appel pour une laïcité ouverte, signé par 70 personnalités intellectuelles, politiques et religieuses :

« En cette fin d'année 2000, la France a mal à sa laïcité. Depuis plus d'un siècle, la République en a fait une valeur essentielle de sa vie démocratique.

« Or certains représentants politiques, à droite comme à gauche, manifestent de l'agacement à l'encontre des croyants, en particulier des chrétiens, qui s'impliquent dans le débat public sans taire leurs convictions.

« Ce combat est particulièrement frappant sur des questions comme la Charte européenne des droits fondamentaux, l'enseignement des religions à l'école ou d'autres interpellations éthiques... Nous souhaitons ardemment que la laïcité, dont nous sommes également les promoteurs, s'enrichisse des apports spirituels et humanistes des religions diverses de ce pays. »

En dernière analyse, explique le responsable du Bureau des Droits de l'homme de l'Église de Scientologie, J.-L. Gagnot : « La neutralité de l'État et son engagement à protéger la liberté de culte ont une conséquence évidente : toutes les subventions publiques à des associations antireligieuses extrémistes doivent cesser immédiatement. »


(1) Cahiers rationalistes, décembre 1980

    http://www.freedommag.org/french/el34/page02.htm    

09.10.2005

Un autre regard sur les sectes ?

 http://www.sectes-infos.net/FAQ.htm

Un regard ouvert, honnête et tolérant sur les minorités spirituelles...

Vous semblez dire que les sectes n'existent pas ?

Il existe en France, comme dans d'autre pays, des minorités spirituelles,
c'est-à-dire des groupes à vocation spirituelle qui ne font pas partie
des religions majoritaires et reconnues. Quelques événements tragiques
et médiatisés ont été utilisés afin de stigmatiser ces minorités (les
mettre toutes dans le même "sac") et d'en faire des boucs émissaires. Le
mot secte est l'emblème de cette stigmatisation. Un des objectifs du
CICNS est de mettre un terme à l'amalgame odieux entre la criminalité et
les minorités spirituelles. La criminalité existe, mais elle n'est pas
le fait des minorités spirituelles.

Mais le danger existe ?

Il n'y a pas plus d'individus dangereux dans les minorités spirituelles
que partout ailleurs. En réalité, l'aspiration des personnes en
recherche spirituelle les conduit généralement à plus de fraternité et
de paix intérieure. La dérive éventuelle (et statistiquement rare) d'un
membre d'une minorité spirituelle ne devrait plus être utilisée pour
condamner toutes les nouvelles formes de la spiritualité, pas plus que
le groupe auquel il appartenait, comme c'est le cas aujourd'hui en
France.

Mais si vous ne niez pas l'existence de dérives, comment conseillez-vous
alors de les condamner ?

Une dérive est un acte criminel. Les actes criminels sont le fait
d'êtres humains désorientés, quelle que soit leur éventuelle
appartenance à un groupe, que ce dernier soit politique, religieux ou
autre. La justice a les moyens de gérer ces situations, comme elle doit
le faire, en principe, pour tout citoyen, indépendamment de ses
appartenances.

Vous niez donc qu'il puisse y avoir un lien de cause à effet entre
l'appartenance à une minorité spirituelle et un acte criminel ?

Les minorités spirituelles n'incitent pas leurs membres à la criminalité
ou à un comportement anti-social (dans le cas contraire, il ne s'agit
tout simplement pas d'une minorité spirituelle, d'où notre dénonciation
de l'amalgame). Le mythe de la secte terroriste et anti-sociale est
entretenu par les médias et certaines autorités au point d'être
maintenant ancré dans la pensée du grand public. Une attitude violente
ou désespérée peut se manifester en tout individu. Quand un individu
appartenant à un parti politique ou à une catégorie professionnelle
quelconque se laisse aller à un acte criminel, on ne fait pas mention de
son appartenance. Cela ne se produit que si l'individu en cause
appartient ou a appartenu à une minorité spirituelle. Il n'est venu à
l'esprit de personne de dire que les pompiers étaient une secte lorsque
l'un des leurs a mis le feu à une forêt, il y a quelque temps.
L'association entre les appartenances et certains actes répréhensibles
est elle-même criminelle.

Mais les journaux nous parlent aussi de tendances suicidaires dans les
sectes ?

La Police et l'Education Nationale sont, en France, les institutions où
se produit le plus grand nombre de suicides. Encore une fois, personne
ne s'est permis de considérer que la Police et l'Education Nationale
étaient pénalement responsables de cette situation.  On ne parle pas de
la Police Nationale ou de l'Education Nationale comme de "sectes", non
parce qu'elles n'en ont pas les caractéristiques (tout groupe humain
répond à un ou plusieurs des critères attribués aux sectes par les
activistes anti-sectes) mais parce que ce genre d'amalgame semblerait
indécent à leur égard. Nous demandons que soit appliqué le même respect
aux minorités spirituelles en France, pays qui se proclame démocratique.
Pour les observateurs du CICNS, il est clair que l'intention derrière
ces amalgames est de discréditer les minorités spirituelles.

Vous n'exagérez pas un peu ?

Prenez connaissance de l'incroyable affaire de l'Essentiel. Nous pensons
qu'une véritable chasse aux sorcières est menée en France, ravivant des
passions anciennes bien pratiques en période de crise sociale.

( http://www.sectes-infos.net/Lessentiel.htm )

Que faites-vous des grands suicides collectifs qui ont défrayé la
chronique ?

Nous vous invitons à lire les pages qui leur sont consacrées sur notre
site. Si vous n'avez entendu qu'un son de cloche à ce sujet, vous serez
certainement surpris de ce que vous allez lire.

Mais, plus près de chez nous, il y a tout de même des cas indiscutables
d'abus ?

Au CICNS, nous avons pris la saine habitude de les discuter quand même.
La plupart de nos certitudes sont ébranlées quand nous nous penchons
vraiment sur les questions superficiellement abordées dans les médias et
orientées de manière tendancieuse par certaines déclarations officielles
de nos gouvernements. Les abus dont vous parlez existent, mais ils sont
présents dans toutes les strates de notre société et traités de manière
très inégale par la justice. Le cas des minorités spirituelles, appelées
"sectes" par les journaux et le grand public, est l'exemple le plus
criant aujourd'hui d'une manipulation collective qui a porté ses fruits.
Un des résultats de ce conditionnement est que vous croyez tout ce qu'on
vous dit au sujet des minorités spirituelles. Posez-vous la question
avec honnêteté, pour vous-mêmes : Que savez-vous vraiment ? Et consultez
nos archives pour prendre part à une réflexion plus ouverte sur le
phénomène en question ici. La plupart d'entre nous a conscience que les
médias font rarement de l'information, mais nous avons pourtant tendance
à accepter tout ce qu'ils diffusent comme l'expression de "la vérité".
Ce phénomène paradoxal conduit à une vision erronée de la réalité, en
particulier au détriment des minorités spirituelles.

Mais nous voyons des gourous farfelus entourés de leurs nombreuses
femmes, accrochés à leur pouvoir et les poches pleines d'argent ?

Bravo, vous venez de nous présenter la caricature inlassablement
dessinée dans toutes les consciences depuis vingt ans. Interrogez-vous à
nouveau sur la grossièreté de ces traits. On applique sur le bouc
émissaire les faiblesses humaines de manière exacerbée et cela permet
aux témoins de se reconnaître comme étant dans "le bon camp", celui des
"gens normaux". La caricature est grossière, fallacieuse et
intentionnellement destructrice des valeurs essentielles que prônent et
vivent en réalité les minorités spirituelles. Mais quoi qu'il en soit,
nous tenons à rappeler que le fait d'être "farfelu", "riche", voire même
"entouré de femmes" n'est en aucun cas un délit dans une démocratie et
ne justifie pas de stigmatiser les minorités spirituelles. La majeure
partie d'entre elles est d'ailleurs beaucoup plus discrète.

Sans aller jusqu'à la caricature, alors, "la spiritualité" n'est-elle
pas souvent une étiquette masquant des intentions moins avouables ?

Tout peut être utilisé comme paravent à des intentions moins avouables.
La laïcité peut servir de masque à une attitude anti-religieuse, la
politique à un goût immodéré du pouvoir et la liberté et la démocratie
sont souvent mises en avant pour justifier l'interdiction des minorités
spirituelles en France ! Les citoyens français majeurs doivent user de
discernement à tout moment de leur vie et ce n'est pas à l'Etat de le
faire pour eux. Chacun a le droit de s'engager dans des voies qui
peuvent paraître farfelues à son voisin et chacun a même le droit de se
tromper. Les escroqueries dont on accuse "les sectes", quand elles sont
réelles et non pas seulement dues au grossissement des activistes
anti-sectes, sont dérisoires en regard des escroqueries légales de notre
société de consommation. Si vous voulez sincèrement dénoncer
l'escroquerie dans notre société, sachez alors la reconnaître partout où
elle se trouve et veillez à ne pas stigmatiser un groupe minoritaire.

Que dites-vous de la manipulation mentale ?

La manipulation mentale est un de ces concept flous et démagogiques
utilisés dans la lutte anti-sectes et trahissant une volonté de
condamner plutôt que de réellement approfondir les questions de société
que posent les minorités spirituelles. S'il existe une manipulation
mentale, les minorités spirituelles ne sont alors pas exclusivement
concernées par ce phénomène. Les campagnes publicitaires et politiques
utilisent des outils de persuasion très efficaces et les relations dans
notre vie quotidienne sont parsemées de ces attitudes qui pourraient
être dénoncées comme de la manipulation mentale. La plupart des
émissions télévisées au sujet des sectes utilisent des procédés qui
s'apparentent également à une manipulation. Sur ce point, comme sur les
autres, la tendance de l'être humain à abuser de ses petits ou de ses
plus grands pouvoirs ne devrait pas être associée aux minorités
spirituelles qui sont aujourd'hui des foyers devenus de plus en plus
rares où les grandes questions humaines, justement, sont traitées avec
sincérité et attention. L'humanisme s'est absenté depuis longtemps des
structures officielles de notre société et c'est une des raisons qui ont
incité le CICNS à faire entendre la voix des minorités spirituelles et à
faire connaître la valeur de leurs démarches.

Quels sont vos objectifs ?

Le CICNS propose un nouveau regard sur les minorités spirituelles,
délesté des lieux communs et des raccourcis les plus révoltants qui ont
affecté la vie de milliers de personnes en France depuis une vingtaine
d'années à cause de la campagne anti-sectes.

Nous travaillons à fournir au grand public une information jusque-là
volontairement occultée dans les débats sur la question des minorités
spirituelles.

Nous attendons des minorités elles-mêmes qu'elles sortent du carcan de
la peur distillée par les menaces de la campagne anti-sectes, qu'elles
cessent de croire en "la secte c'est l'autre" et qu'elles s'associent
activement à l'effort du CICNS en démontrant ouvertement qu'elles ne
sont pas un fléau de notre société mais plutôt une de ses chances et en
faisant connaître leur respect exemplaire et spontané des principes qui
ont fondé les grandes Constitutions.

Nous attendons des autorités qu'elles créent un véritable observatoire
des minorités spirituelles qui inclurait les universitaires et les
leaders spirituels jusqu'alors injustement, mais volontairement,
délaissés dans les débats.

Qui se cache derrière le CICNS ?

Personne ne se cache. Les membres fondateurs du CICNS ont des
orientations personnelles diverses ou pas du tout. Nous ne sommes liés à
aucun grand groupe qui a fait la une des journaux ni même à aucun de
ceux dénoncés  sur la liste parlementaire des sectes. Certaines
personnes avec lesquelles nous travaillons n'ont pas de démarche
spirituelle à proprement parler et sont simplement soucieuses de
défendre les droits fondamentaux d'un être humain dans une démocratie.
Il nous apparaît aujourd'hui que ces droits ne sont jamais acquis et que
nous devons y travailler quotidiennement afin que les instincts du
despotisme et de l'ostracisme ne reprennent pas leur place dans notre
pays.

Vous êtes assez virulents à l'égard des mouvements anti-sectes,
n'ont-ils pas la même aspiration que vous ?

Les paroles et les actions de l'ADFI et du CCMM nous ont convaincus que
leur motivation n'est pas de préserver les valeurs de la démocratie et
en particulier que leurs membres ne sont pas inspirés par la tolérance
et la liberté de conscience. Leur volonté affichée de ne pas dialoguer,
la diabolisation systématique de tous les courants spirituels sans
exception, l'incitation à la haine contenue explicitement dans certains
propos publics et leur totale incompétence à observer le phénomène
spirituel en France dans une perspective sociologique ou même humaine
fait de ces personnes des activistes anti-religieux primaires qui, bien
qu'étant subventionnés par l'Etat, ne méritent pas l'écoute qui leur est
accordée aujourd'hui dans ce débat. Le crédit qui leur est donné par
notre gouvernement nous a conduits à douter sérieusement de la volonté
des autorités de calmer les passions.

Vous ne semblez pas être des défenseurs de la laïcité ?

La laïcité, telle qu'elle est aujourd'hui défendue dans notre pays, est
une laïcité d'exclusion, même si tout le monde s'en défend publiquement. 

Les minorités spirituelles n'ont pas de projet ni aucun moyen de
déstabiliser la République Laïque. 

Si la laïcité était, à l'origine, une sage expérimentation dans le
contexte où elle est née, elle est malheureusement aujourd'hui utilisée
par les rationalistes et les anti-religieux pour imposer leur point de
vue sur le monde. Une telle laïcité n'est pas démocratique et enfreint
ses principes fondamentaux. Le point de vue religieux ou spirituel
minoritaire sur le monde a sa place dans notre société et doit être
respecté.

Quel genre d'actions menez-vous ?

Le CICNS offre une information rare et souvent dérangeante sur la
question des nouvelles spiritualités. Notre équipe de bénévoles est en
contact quotidien avec les médias, les autorités et les minorités
spirituelles dans le but d'équilibrer le débat actuellement tronqué au
sujet des "sectes". Nous recueillons également des témoignages de
discriminations ainsi que le récit des excès et des égarements d'une
répression qui a toutes les apparences délirantes d'une chasse aux
sorcières. Nous organisons ponctuellement des tournées en France. Vous
trouverez plus d'informations sur cette question à la page de la charte
du CICNS et sur celle qui présente notre association.

Point de vue d'une minorité spirituelle : Vous ne pensez pas qu'il vaut
mieux ne pas s'impliquer dans des actions comme la vôtre qui obligent à
faire le jeu de la polémique et de valeurs qui n'ont rien de
"spirituelles" ? Que cela pourrait être une manière de s'attirer des
ennuis plutôt que de les éviter ?

Du point de vue du CICNS, les ennuis sont là. Ils ne peuvent être évités
par personne et il est préférable de ne pas attendre une attaque plus
directe pour prendre conscience du glissement progressif de notre
société démocratique vers une forme de totalitarisme qui ne laissera
aucune place à la diversité religieuse. La démarche spirituelle peut
naturellement inclure un regard sur la société en défendant ses valeurs
tout en évitant de se compromettre dans une guerre. Le CICNS est
déterminé à ne pas entrer dans un combat trop militant et à préserver
les valeurs pacifiques que nous défendons mais sans éviter les
nécessaires débats et actions que demande notre engagement. Si les
minorités spirituelles étaient plus solidaires aujourd'hui autour de la
défense de leurs droits, elles pourraient se faire entendre.

En France, le pourcentage de la population concerné par une orientation
spirituelle nouvelle ou un choix de vie moins traditionnel est si
important que nous pourrions dès maintenant nous faire connaître,
au-delà de nos différences, comme une force vivante, respectable et
pacifique, partie intégrante de notre société.

Seule une nouvelle relation entre la société et ses minorités peut
conduire à la réduction d'éventuelles dérives. Le fait de marginaliser
un groupe, quel qu'il soit, conduit à des confrontations improductives.

26.09.2005

Les méthodes d'une association antisectes contestées au tribunal

LE MONDE | 23.09.05 | 10h58
L'enceinte était judiciaire, mais c'est un débat politique qui a occupé, mardi 20­ septembre, la 1re chambre civile du tribunal correctionnel de Paris. Un collectif de particuliers et d'associations liés au Cap, un mouvement de "défense de la liberté de conscience", poursuivait l'Union nationale des associations de défense de la famille et de l'individu (Unadfi), spécialisée dans l'information sur les sectes, dont ils demandent la dissolution.



Reconnue d'utilité publique depuis 1996, l'Unadfi a toujours été associée à l'action gouvernementale contre les sectes. Elle a notamment été autorisée à se constituer partie civile dans les affaires mettant en cause les mouvements sectaires et a obtenu un agrément du ministère de l'éducation nationale au titre des associations qui "prolongent l'action de l'enseignement public".

"Bras armé de l'Etat", "annexe des renseignements généraux", "Big Brother" ou "grand inquisiteur", les expressions n'ont pas manqué, à l'audience, pour dénoncer les méthodes de l'Unadfi et de ses antennes, accusées de vouloir instituer une "police de la pensée" en matière de convictions religieuses ou philosophiques.

Devant un public nombreux acquis à leur cause, les avocats du collectif ont cité plusieurs exemples des "dérives" reprochées à l'association. Où s'arrête l'information contre le prosélytisme des mouvements sectaires, où commence la "délation" ? A entendre les récits livrés par les avocats, il apparaît que la frontière n'est pas toujours respectée par l'Unadfi ou, à tout le moins, par ceux qui se réclament de son action.

"L'UNADFI DÉNONCE, INSINUE, LABÉLISE"

Les parents d'un enfant leucémique placés en garde à vue et renvoyés devant le tribunal pour défaut de soins, sur dénonciation aux autorités, par un proche de la famille, de l'appartenance du couple à l'IVI, un mouvement religieux répertorié en France sous le label de secte guérisseuse ; une lettre anonyme adressée à un employeur pour l'informer de l'appartenance à un mouvement sectaire de l'un de ses salariés ; des procédures de divorce dans lesquelles sont versées des "attestations" de l'Unadfi sur le "danger" que représente la proximité de l'un ou l'autre membre du couple avec telle ou telle association de la nébuleuse sectaire­ : autant d'exemples qui, selon la formule de l'un des avocats, constituent "des cas types de procès d'intention".

"C'est toujours la même histoire­ : l'Unadfi dénonce, insinue, labélise . Pour elle, la loi des suspects existe toujours. Quand l'Unadfi défend les droits de l'homme, c'est comme quand l'Union soviétique défendait le droit d'asile psychiatrique !", a observé Me Gérard Ducrey. "L'apparence, dans ce débat, ce sont des histoires individuelles, parfois tragiques. La réalité est tout autre. C'est une offensive de l'Eglise de scientologie, de l'IVI et de tous ceux qui font le panégyrique des mouvements auxquels nous reprochons des pratiques sectaires", a observé Me Michel Tubiana, ancien président de la Ligue des droits de l'homme et avocat de l'Unadfi.

A ses contradicteurs, qui avaient appelé à la rescousse les grands principes de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen et agité les vieilles dames de la République – la loi de 1901 sur la liberté d'association et celle de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat –, Me Tubiana a répliqué­ : "La liberté a un prix­ : la transparence et la publicité. Or, ce que tous les demandeurs ont ici en commun, c'est de se dissimuler. Ils avancent le visage masqué. Le rôle de l'Unadfi, c'est justement de donner des éléments sur les associations auxquelles tel ou tel d'entre eux appartiennent et qu'ils cachent. Ce qu'ils viennent demander au tribunal, c'est de nous faire taire !"

A l'intention des juges, Me Tubiana a ajouté­ : "Vous n'avez aucune compétence pour entrer dans ce débat qui est de savoir si, en France, le gouvernement mène, ou non, une folle politique de lutte contre les sectes." Jugement le 15­ novembre.

Pascale Robert-Diard

05.01.2005

Lettre ouverte à l'UNADFI

Janvier 2005 – Thierry Bécourt

 

En 1997,  sortait le livre de l’universitaire Bruxelloise A. Morelli : "Lettre ouverte à la secte adversaire des sectes" qui fit forte impression dans le domaine universitaire et chez les défenseurs de la liberté de pensée.

Il s’agissait de montrer que le fonctionnement des groupes de pression anti-sectes dont l’Unadfi est le fer de lance est une véritable nuisance pour la démocratie, en s’appuyant sur l’ignorance ambiante dans le domaine de la culture religieuse et du fonctionnement de la société marchande.

Qu’en est-il en ce début 2005 ? Comment l’Unadfi financée à plus de 90% par notre Gouvernement, prônant pourtant l’exemple de la laïcité, peut-elle prétendre défendre les valeurs républicaines en s’appuyant sur la théorie du complot et du bouc émissaire si chère aux extrémistes, tout cela au mépris des heures les plus sombres de notre histoire ?

Faut-il rappeler que la démocratie  donne la souveraineté aux citoyens dans le respect de la liberté de conviction et de l’égalité et que la République partage son pouvoir avec tous les acteurs de la société ?

Comment donc accepter l’affirmation selon laquelle l’Unadfi défendrait ces valeurs de dignité alors qu’elle applique des principes anti-démocratiques ?

Comment expliquer la prise en mains de cette association par la Franc-Maçonnerie, pourtant elle-même fondée sur l’esprit républicain ?

Que l’on m’explique comment l’Unadfi et ses semblables peuvent prétendre aux honneurs de l’État tout en choisissant la voie des discriminations et de l’intolérance, au moment où se crée en France la "Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité" et que l’on s’apprête à fêter les cent ans de la loi de 1905 ?

S’agit-il là encore de "l’impensé français" ?

Lorsqu’on lit dans l’article paru dans Bulle de décembre dernier et signé A. Thiard, Président honoraire de l’Adfi Paris :

"À travers toutes les sectes, (…) on les reconnaît à ce qu’elles utilisent des méthodes totalitaires".

"Aujourd’hui la prétention (des sectes)  encouragée dans divers pays à se faire considérer comme des "mouvements religieux" montre que la situation est plutôt pire qu’il y a 8 ans (date du Rapport Parlementaire). Les sectes constituent un exemple flagrant de ce qu’une société peut porter en son sein d’aigrefins, de charlatans, d’exploiteurs, (sic)… Lorsque ce genre de corps étrangers (sic), s’attaquent avec ses méthodes totalitaires à la substance et à l’intégrité de l’homme et aux valeurs d’une société démocratique…"

Peut-on trouver meilleur exemple d’incitation au rejet, à la discrimination, à la délation et à la violence ? Voilà les propos que notre gouvernement reconnaît d’utilité publique. Il est vrai que la Miviludes invite au "signalement des agissements" non conventionnels, véritable invitation à la délation déguisée en œuvre de salut public !

Quand on sait avec quelle légèreté le mot secte est utilisé pour attaquer des voisins, des parents, des conjoints et gagner un procès sans grande difficulté et avec quelle facilité chacun d’entre nous peut-être accusé de secte sur une simple rumeur voire une dénonciation, et dieu sait si les victimes de ces corbeaux sont nombreuses à faire appel au CapLC et autre CICNS et Omnium… Ces prises de positions d’un dirigeant d’une association "reconnue d’utilité publique" font froid dans le dos !

Comment ces groupes peuvent prétendre juger des minorités de conviction et leurs philosophies alors qu’ils refusent de les approcher excepté par le seul biais des apostats ?

Louis Pauwels lançait en 1996 le concept de "l’esprit d’inquisition" : force est de constater qu’à cause de ces groupes de pression, cet "esprit d'inquisition" n’a pas faibli dans notre pays. 

Il serait temps que ces organes inquisiteurs s’appliquent à eux-mêmes la "question", et les critères qu’ils destinent à ceux qui ne sont pas dans leur norme. Or, qui dit norme dit hérésie et ce n’est pas l’universitaire Michel Tardieu qui nous contredira sur ce point lorsqu’il précise (**) qu’il n’y a pas de dogme sans hérésie et que cette dernière est toujours la part obscure du dogme. De plus, lorsque l’on sait que le mot hérésie signifie choix et de fait qu’il n’y a pas d’hérétique sans secte, l’on comprend que les inquisiteurs modernes, en s’appuyant sur les dogmes en place, chassent en fait l’hérétique comme au bon vieux temps.

Indéniablement l’Unadfi et ses compères sont dans une démarche d’inquisiteur montrant par là même leur opposition à la laïcité et s’excluant de tout fonctionnement  républicain et démocratique.

La Coordination pour la  Liberté de Conscience et les autres associations qui défendent les mêmes valeurs observent depuis des années la mise en place d’une normalisation de la pensée dont l’Unadfi devient un instrument.

Qu’observons-nous en effet ?

Interventions dans le milieu familial par le biais d’un lobbying dans le milieu juridique, allant jusqu’à la demande de retrait d’enfants aux familles contrevenant ici à la fonction même d’une association sensée défendre le milieu familial, amalgames et diffusion de rumeurs infondées, constitution de dossiers personnels au mépris des différentes lois sur la protection de la vie privée et des convictions, difficultés voire refus de juger les affaires en lien direct avec l’Unadfi, soutien d’instances maçonniques telle l’Institut d’Etude et de Recherche Maçonnique (Iderm) envers ce qu’elle appelle une "instance républicaine", intervention dans le monde scolaire par des apostats de "sectes" reconvertis en membres actifs d’Adfi, pratique de l’amalgame, jugements portés sur les croyances minoritaires, incitation à la délation y compris envers des médecins jugés déviants, refus de respecter certaines lois, notamment celle relative à la communication de dossier, soutien aux thèses de lavage de cerveau, stigmatisation de tout individu remettant en cause la société de consommation…

On notera que l’Unadfi et ses antennes sont des habituées des tribunaux. Leurs dirigeants ne s’en cachent pas et n’hésitent pas à annoncer avec un certain orgueil : "Depuis 1994, date de ma présidence, j’ai dû répondre à 9 assignations, 8 ont été rendues en ma faveur" (magazine "les sectes manipulent" p.7). Force est de constater que jusqu’à maintenant la justice s’alignant sur l’opinion médiatique semble protéger les malversations de ce groupe de pression.

D’ailleurs, pour l’Adfi, un mouvement qui se défend sera présenté comme auteur d’intimidation à son encontre… On dira que les sectes s’en prennent à leurs détracteurs, quand bien même une victime demandera à la justice de les condamner pour être intervenue dans des affaires familiales avec des rapports mensongers. On refusera de juger, mais on demandera le prix fort à la victime pour se pourvoir en partie civile.  Démontrant ainsi un véritable lobby anti-sectes. Malgré ces incohérences, l’Unadfi totalise à elle seule un bon nombre de condamnations et fait actuellement l’objet de multiples actions en justice dont une assignation pour dissolution.

Mais dans la plupart des cas l’on reste dans la rhétorique de la double contrainte, où quelque soit la façon dont leurs victimes se défendent, ou refusent de le faire, elles sont montrées comme systématiquement coupables.

L’Unadfi serait-elle à ce point enfermée dans sa "Bulle" - tel le titre de sa revue – qu’elle refuse de s’ouvrir vers l’extérieur tout en stigmatisant ce qui n’entre pas dedans ? Et stigmatiser n’est pas un vain mot lorsque cette association et ses acolytes soutiennent les thèses selon lesquelles les minorités de convictions, appelées dans d’autres milieux créatifs culturels,  souffriraient de déviances psychologiques, comme autant de malades potentiels à soigner dans des centres spécialisés pour les remettre sur le droit chemins. L’histoire nous parlait des minorités juives ou arabes souffrant d’un "sang impur" et qu’il fallait isoler, stigmatiser au risque de radicaliser.

Il a été suffisamment montré combien les agissements des groupes anti-sectes nuisent à l’harmonie sociale, combien le terme même de ‘secte’ était volontairement discriminatoire et brisait des réputations et des vies (*) tout en s’appuyant officiellement sur une définition bâtie sur l’opinion publique…

Alors pourquoi un tel soutien des Pouvoirs Publics ? Pourquoi une Miviludes n’ayant comme seules références associatives les anti-sectes au mépris des autres acteurs de terrain. ? Pourquoi ce refus de dialogue avec l’État hormis certains responsables conscients des dégâts de ce système inquisitorial ?

Enfin des questions.

- Où sont les victimes dont-ils nous parlent tant ? Combien sont-elles ? Malgré nos nombreuses demandes aucun chiffre n’a pu nous être apporté.

- Pourquoi si peu d’adhérents quand bien même les sectes sont présentées comme un fléau national ?

- Pourquoi ce refus du dialogue comme dogme imposé ?

- Pourquoi cette intolérance et cette imposition d’un modèle "correct" ?

L’Unadfi et le climat de chasse aux sorcières qui sévit dans notre pays est la démonstration d’une société hiérarchisée  qui, bien qu’en mutation évidente, refuse de prendre les risques qui s’imposent. Elle se livre  à un véritable combat contre les créatifs culturels marqués de l’étiquette "secte" alors même qu’ils travaillent à l’ouverture de la conscience. Un combat contre la pensée en évolution constante pour imposer les anciennes valeurs comme seules valables. Pourtant l’histoire a montré que l’on ne peut opposer durablement le philosophiquement ou religieusement correct, qu’elle ne peut rester imperméable aux nouvelles convictions y compris thérapeutiques.

Face à ces atteintes à la Démocratie, à ces actes de discrimination tendant à considérer les individus créatifs de notre population  comme déviants contre laquelle il faut appliquer des lois totalitaires et des mesures d’exception et montrés du doigt comme sous-citoyens pour lesquels l’État de droit ne s’applique pas, il est temps que la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Égalité prenne la mesure de ce problème.

Nous en appelons donc solennellement à tous, universitaires, juristes, Instances Publiques et autres décideurs ainsi qu’aux diverses obédiences afin qu’ils reconsidèrent en toute objectivité leur position sur ce douloureux et délicat problème.

Il est temps de mettre un frein à cette inquisition rampante avant de sacrifier tous les créateurs de notre pays et de détruire le peu de démocratie qui nous reste.

 

Thierry BECOURT

Vice-Président du CapLC

http://www.politiquedevie.net/Chasseauxsectes/Secteslettr...